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Quelques extraits de l'épître des étudiants,
n°58 paru en juin 2010...

Zoom sur l'expérience d'un étudiant en fin de Troisième année
(Sandro YEPONDE)

L'Épître des étudiants ne suffirait pas pour rendre pleinement justice à chaque détail de l'année écoulée. Paradoxalement, la réponse est aussi des plus faciles, car il y a toujours des faits marquants, une somme de  petits détails qui finalement ne sont pas si petits que cela.

J'ajouterai encore une chose : autant il y a d'étudiants en troisième année, autant il y aurait de comptes-rendus des diverses expériences. Dès lors, ces quelques lignes n'engagent que l'auteur, ce n'est que mon avis.

La troisième année est avant tout une année de préparation à l'entrée dans le ministère

La première chose qui vient à l'esprit en pensant à cette troisième année, ce sont les stages dans les églises : période attendue pour certains mais redoutée pour d'autres.

Au contact des pasteurs, on apprend par ce que l'on voit, ce que l'on entend et ce que l'on fait. Des bancs de l'auditoire à l'estrade, on passe pour ainsi dire, de l'autre côté du décor. Cela permet de mieux appréhender la vie de l'église, la spécificité de chaque assemblée, de recevoir beaucoup, mais aussi d'apporter quelque chose au peuple de Dieu. On est ainsi tour à tour éprouvé et conforté dans l'appel au service qui s'est fait un jour dans notre cœur. À mon sens, ces trois mois de stage sont aussi le moyen de mettre en pratique les acquis accumulés au cours des deux années précédentes. Avec le recul, on apprécie d'autant mieux l'étendue du travail qui reste à faire en nous : les manques et ce qu'il faut revoir, mais aussi le positif.

La troisième année, c'est aussi un travail plus conséquent et plus constant.

Si nous croyons ce que la Bible dit et que nous le mettons en pratique, il s'avère nécessaire de mettre des mots sur ce que nous vivons. Ces mots, ces vérités bibliques doivent être communiqués en termes compréhensibles par tous.
Cependant, avant de pouvoir les dispenser droitement et en toute simplicité, il faut d'abord en saisir toute la profondeur et la complexité.

Enfin, pour discerner les déviations et les erreurs de doctrine, il est d'une importance primordiale de bien connaître les grandes vérités de la Parole de Dieu. On voit l'importance des devoirs de doctrine, fréquents au cours de cette année de préparation au ministère. Ils répondent aux besoins d'appropriation, de communication et de discernement énoncés plus haut.

Ces trois années, riches en moments de partage entre frères et sœurs, nous apprennent à faire des choix et à accepter parfois certaines situations sans les comprendre. Tout cela contribue, par la grâce de Dieu, à nous faire grandir...

Cet ensemble qu'on nomme « vie en communauté », précieux en ce qu'il est formateur, nous conduit à avoir un regard plus lucide sur nous-mêmes, à savoir que toute initiative, tout travail pour Dieu, contient une part qui ne vient pas de nous, mais de lui. En définitive, travailler pour Dieu, c'est également travailler avec Dieu.

En conclusion.
Les trois choses qui caractérisent cette troisième année sont donc :

- l'approche approfondie de la doctrine par les devoirs,

- la découverte de ce qui touche au ministère, au travers des stages,

- la vie, la communion personnelle avec Dieu.

Cette troisième année est la plus importante, car elle nous permet, par ses aspects pratiques, de tirer la meilleure part des deux autres.

Article : "Sauvés pour servir" par René SANCHEZ

(1 Thess. 1. 9)

Dieu ne nous a pas sauvés pour que nous nous contentions de profiter égoïstement de notre salut. Il nous a sauvés pour servir ! Nous sommes tous appelés à servir, à exercer un service et à le faire avec un esprit de service, tout en réalisant que le service de Dieu passe très souvent par le service du prochain (Mat. 25. 40). Cette vérité, Paul l’exprime d’une façon un peu différente dans Éphésiens 2. 10, où il écrit que nous avons été « créés en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions ». Paul prêchait la pratique de bonnes œuvres. Nous allons essayer de voir ce qu’il entendait par là, et ce que cela peut signifier pour nous aujourd’hui.

A. La pratique des bonnes œuvres dans le Nouveau Testament

1– Les œuvres et la foi

Le mot « œuvre » (ergon) signifie simplement : « action ». Ce mot a une connotation particulière pour nous chrétiens évangéliques qui croyons au salut par grâce, au salut par la foi et non par les œuvres (Ro. 3. 23-28). Néanmoins, le Nouveau Testament enseigne clairement que si les œuvres ne produisent pas le salut, elles doivent en découler (Jacques 2. 26).

La foi véritable, la foi qui sauve, c’est la foi qui produit des œuvres tournées vers le prochain en difficulté (cf. « Va et toi fais de même », conclusion de la parabole du Bon Samaritain). Le chrétien n’accomplit pas des œuvres pour être sauvé, mais il accomplit des œuvres parce qu’il est sauvé, parce que son cœur est rempli de l’amour de Jésus. Voilà pourquoi Jacques proclame que la foi sans les œuvres est morte. Un chrétien qui ne produit pas d’œuvres est mort spirituellement. Mais un chrétien qui produit des œuvres n’est pas forcément un chrétien vivant !

Jésus a dit à l’Église de Sardes : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort » (Apo. 3. 1). Il ne suffit pas de produire des œuvres ; encore faut-il que nos œuvres soient trouvées bonnes devant Dieu !

2– Les bonnes œuvres

Le Nouveau Testament parle de bonnes œuvres, par opposition aux œuvres des ténèbres (Ro. 13. 12), aux œuvres mauvaises (2 Jn 1. 11), aux œuvres de la chair (Gal. 5. 19) et aux œuvres mortes (Héb. 6. 1). En grec, deux adjectifs sont utilisés pour qualifier les bonnes œuvres : « kalos », qui  signifie : beau moralement, qui vient d’un coeur pur (cela nous parle de la motivation de nos oeuvres), et  « agathos », qui signifie : utile (le but des œuvres).

Les œuvres bonnes sont donc des oeuvres motivées par de bons sentiments, par l’amour (I Co. 13. 2) et qui procurent un bienfait, qui font du bien aux autres (Tite 3. 14).

3– Quelques exhortations aux bonnes œuvres

· Mat. 5. 16

· Col. 1. 10

· I Tim. 6. 17-19

· Tite 2. 14 et 3. 8-14

· Héb. 10. 24

· I Pi. 2. 12

4– Quelques exemples de bonnes œuvres

· Accueil des étrangers (Mat. 25. 35)

· Visite aux malades (Mat. 25. 36), aux orphelins (Ja. 1. 27)

· Invitations aux pauvres pour des repas (Luc 14. 13)

· Aide alimentaire aux nécessiteux, aux veuves en particulier (Actes 6. 1-3)

. Aide vestimentaire (Actes 9. 36-39)

· Collectes en faveur des pauvres (II Co. 8. 1-4)

· Exercice de l’hospitalité  (I Tim. 5. 10)

· Secours des malheureux et des affligés  (I Tim. 5. 10)

· Compassion pour les prisonniers (Héb. 10. 34)

B. La pratique des bonnes œuvres de nos jours

Les exhortations aux bonnes œuvres s’adressent autant aux chrétiens (Ja. 2. 14) qu’aux églises (Ap. 2. 5). Voilà quelques exemples (cette liste est simplement indicative) de bonnes œuvres dans lesquelles le peuple de Dieu peut s’engager à notre époque, sachant que ces oeuvres doivent être tournées vers tous, croyants comme inconvertis, même si nous devons accorder une priorité aux frères dans la foi (Gal. 6. 10).

1– Au niveau des chrétiens

· Engagements individuels :

- ponctuels : s’engager de 6 à 12 mois dans une association pour les jeunes de moins de 25 ans (service civique) ; être animateur de colonie de vacances…

- réguliers : rendre service aux personnes âgées de son quartier ; être visiteur de prison, d’hôpital…

- permanent : devenir famille d’accueil pour des enfants, des personnes âgées…

· Engagements bénévoles :

- dans une action développée par l’église locale (friperie, aide aux devoirs, distribution de colis alimentaires…)

- dans une œuvre chrétienne (maison de retraite, maison pour enfants, pour handicapés...)

- dans une œuvre non chrétienne (restaurant du cœur, banque alimentaire…)

· Engagements professionnels :

- dans une œuvre chrétienne : les établissements chrétiens ont besoin d’infirmières, d’aides-soignantes, d’éducateurs mais aussi de secrétaires, comptables, cuisiniers, hommes d’entretien... et de directeurs !

- en dehors d’une œuvre chrétienne : bien des professions permettent de venir en aide au prochain (médecin, assistante sociale, enseignant, psychologue…)

2– Au niveau des Églises

· Actions ponctuelles :

- visite de la chorale, du groupe de jeunes en maison de retraite, hôpital, prison…

- actions dans la ville (opérations propreté, nettoyage de plages…)

· Actions régulières :

- distribution de repas, de vêtements

- épicerie solidaire

- aide aux devoirs

- colonies de vacances

- scoutisme

- actions envers des minorités (étrangers, sourds, handicapés, marginaux…)

· Créations d’œuvres :

- maisons de retraite

- structures pour enfants, handicapés, adultes en difficultés sociales

- écoles chrétiennes (les protestants et les évangéliques avaient 1 500 écoles en France avant les lois de 1905 !)

CONCLUSION :

Que le Seigneur nous aide à répondre à la demande qu’Il a formulée dans le sermon sur la montagne :

« Que votre lumière luise ainsi devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 13)