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La direction divine

Alain Larroque

Au psaume 78, le psalmiste évoque l’expérience du peuple d’Israël lors de sa sortie d’Egypte.
Voici ce qu’il dit aux versets 52 à 54 :

« Il fit partir son peuple comme des brebis, il les conduisit comme un troupeau dans le désert.
Il les dirigea sûrement, pour qu’ils soient sans crainte, et la mer couvrit leurs ennemis.
Il les amena vers sa frontière sainte, vers cette montagne que sa droite a acquise. »

Il fit partir son peuple :

Le peuple a dû faire un pas de foi et d’obéissance à la parole de Dieu sous la direction de Moïse.

Il les conduisit :

Le peuple a dû faire preuve de souplesse et de soumission à la direction divine ; c’était une véritable aventure de la foi qui exigeait de la confiance dans les promesses prononcées à cet effet.

Il les dirigea sûrement :

Il s’agissait d’avoir confiance dans l’engagement de Dieu dans cette affaire : croire que c’est lui qui ouvrirait le chemin, qu’il ne se tromperait pas de direction, même s’il y avait une route plus directe, qu’il les délivrerait de tous les ennemis qui surgiraient sur sa route, qu’il ne l’abandonnerait pas et qu’il serait à ses côtés à chaque instant de sa vie.

Il les amena vers sa frontière sainte :

C’était une confiance totale et illimitée dans la fidélité de la parole sortie de la bouche de Dieu.

Le roi David a posé un jour cette question dans le psaume 119 et les versets 9 à 11 : « Comment le jeune homme rendra t-il pur son sentier ? »
La réponse fut immédiate : « En se dirigeant d’après ta parole. » 

Mais David était conscient d’une réalité spirituelle qui était la condition pour que la direction de Dieu soit effective dans sa vie par la Parole. Versets 10 & 11 :

« Je te cherche de tout mon cœur ; ne me laisse pas m’égarer loin de tes commandements !   Je serre ta parole dans mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi. »

David savait fort bien que la Parole de Dieu exprimait la volonté de Dieu pour sa vie, et que toute la sagesse nécessaire lui serait donnée pour mener à bien l’œuvre de Dieu au sein de son peuple.

Quel chrétien ne cherche pas la direction divine pour sa propre vie, pour sa famille ou pour une décision importante ?
Que ce chrétien n’attende pas une révélation spéciale, mais plutôt qu’il apprenne à plonger ses regards dans la Parole Dieu, qui saura l’éclairer, le guider, l’avertir du danger, lui imposer une conviction.

Au psaume 23 et verset 3, David ayant utilisé cette image du bon berger et de la brebis, donnera la pensée suivante, qui peut s’appliquer aisément à la relation qui doit régner entre Christ et l’Eglise, entre le croyant et Jésus son Bon Berger. Voici ce qu’il dit : Il me conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom.

Si le Seigneur nous appelle ses brebis, ce n’est pas le fait du hasard, c’est parce que nos comportements, nos habitudes de vie ressemblent à ceux des brebis.
L’Ecriture nous décrit comme obstinés et opiniâtres, suivant nos propres caprices, nos propres voies.

Le Seigneur le dit par la bouche Esaïe :

« Nous étions tous errants, pareils à des brebis, chacun de nous allait par son propre chemin, (…) »  Es.53/6.

La prophétie souligne où résidait la culpabilité du peuple d’Israël : au lieu de vivre en communion avec le Seigneur et  d’obéir à ses commandements, chacun vivait comme bon lui semblait, loin de l’Eternel. Et l’on en connaît malheureusement toutes les conséquences morales, spirituelles et mêmes physiques pour le peuple. D’où la nécessité de l’œuvre expiatoire du serviteur de l’Eternel, indispensable au salut du peuple.

« Chacun de nous allait par son propre chemin » :

  • Suivre ma propre voie  signifie faire ce qui me plait, ce que je désire, même si cela doit tourner à mon propre désavantage.
  • Suivre ma propre voie signifie aussi la liberté de poursuivre mes propres idées, ne tenant compte d’aucun avertissement.

Il est parfois terrifiant de constater la volonté d’autodestruction d’un être humain. Cette volonté là est liée à l’orgueil personnel et à l’affirmation de soi.
Nous nous entêtons à prétendre très bien savoir ce qui nous convient, alors même que les résultats sont désastreux.  Salomon le mentionne dans le livre des Proverbes : « Telle voie paraît droite à un homme, mais son issue c’est la voie de la mort. »  Proverbes 16/25 « Bien des hommes pensent être sur le bon chemin, et pourtant, ils se trouvent sur une voie qui, finalement, mène à la mort. »  (Le Semeur)

Au verset 2 de ce même chapitre 16 il est dit : « Vous pensez que tout ce que vous faites est bien, mais c’est l’Eternel qui apprécie vos motivations. »

Puisse chacun de nous suivre la voie royale que Christ lui-même trace, parce qu’il est le chemin, la vérité et la vie, et que nul de nous ne peut venir au Père que par lui.

Alain Larroque
Directeur de l'Institut de Théologie Biblique